Des chapelets et des médailles pour le monde de la souffrance

Le Pape  a rendu visite aux malades, les mains chargées de précieux dons.

20.03.09 Par Mohamed RAMZI

La rencontre a eu lieu au Centre national de réhabilitation des handicapés  Paul Emile Léger d'Etoug-Ebe, après la messe pontificale en matinée au stade de Yaoundé.Le front et un côté du visage rongés par un énorme hématome, un petit garçon d'environ 3 ans, assis sur les genoux d'une nonne expatriée, incarne la souffrance. Comme tous ses semblables du Centre national de réhabilitation des handicapés Paul Emile Léger d'Etoug-Ebe. Ce monde de la souffrance, le Pape Benoît XVI est allé vers lui, le réconforter cet après-midi du 19 mars 2009. Le temps de cette visite pontificale, les malades et leurs encadreurs ont mis leurs soucis entre parenthèses pour dérouler le tapis rouge à leur illustre hôte. Lequel arrive, escorté, sur le coup de 16 heures 30 au centre, dans sa papamobile.
Entre-temps, la tribune, soutenue par 11 piliers, est déjà investie par les invités et un nombreux clergé : cardinaux, évêques, prêtres, religieuses, fidèles de tout bord. Comme membres du gouvernement, on aperçoit, entre autres personnalités, le ministre des Affaires sociales, Madame Catherine Bakang Mbock, ainsi que le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, aux côtés de son homologue de la Communication, Jean Pierre Biyiti bi Essam.
Face aux officiels, les malades ont un look des grands jours. Certains sur leurs chaises roulantes arborent effectivement une tenue cousue à partir du tissu pagne conçu pour la visite du Pape. D'autres encore portent des Tee-shirts à l'effigie du Saint-Père. L'ambiance, entretenue par la chorale, évite à l'assistance de s'ennuyer.
C'est sur ces entrefaites que Benoît XVI fait son entrée sur la place, sous les ovations de l'assistance, la plupart agitant également les fanions aux couleurs du Vatican. Une fois sorti de sa voiture, le Pape se dirige dans le cœur de la chapelle du site, accompagné par les membres de sa délégation, pour un bref recueillement devant le Saint Sacrement. Avant de rejoindre la tribune officielle, le Souverain pontife est accueilli par une jeune handicapée se déplaçant en fauteuil roulant, et qui lui souhaite la bienvenue avec des paroles aimables qu'accompagne un bouquet de fleurs.
Dans un premier temps et devant un auditoire attentif, deux orateurs vont se succéder. Madame Catherine Bakang Mbock, dont le département ministériel assure la tutelle du Centre national de réhabilitation des handicapés Paul Emile Léger, ressasse la belle histoire de ce centre. Mgr Joseph Ndjida, évêque de Ngaoundéré, par ailleurs responsable de la pastorale de la santé à la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, remercie le Saint-Père pour sa constante sollicitude envers les malades. De leurs propos, l'on retient notamment que le cadre qui accueille le chef de l'Eglise catholique est " un lieu emblématique d'espoir et de guérison " pour une population en proie à la souffrance. Cette " belle œuvre " dont " la vocation est l'allègement de la souffrance humaine ", est un héritage légué au Cameroun par un prélat canadien, le cardinal Paul Emile Léger, " apôtre de la justice ", arrivé en 1967 dans notre pays " pour se consacrer aux enfants souffrant de poliomyélite, et aux personnes atteintes de la lèpre… ".
C'est cette structure, comptant une chapelle, une piscine d'hydrothérapie fonctionnelle, l'appareillage, la chirurgie orthopédique et bien d'autres services internes  encore, qui est en passe de devenir " un pôle d'excellence à vocation régionale ", selon la volonté du chef de l'Etat, exprimée dans un décret tombé lundi, 17 mars. " La diaconie des malades est une priorité de l'église catholique ", dira à son tour l'évêque de Ngaoundéré, en évoquant les 250 hôpitaux et centres de santé de l'Eglise catholique du Cameroun, qui se dévouent pour les malades. Mgr Ndjida recevra en cadeau un tableau représentant Notre Dame du perpétuel secours.
En réponse aux uns et aux autres, mais surtout en s'adressant aux malades, Benoît XVI les a rassurés. " Dans cette douleur, vous n'êtes pas seuls… ", leur a-t-il dit, en puisant dans les Saintes Ecritures, des illustrations de la présence de Jésus Christ dans la vie de ceux qui souffrent dans leur chair, leur âme, et toutes les guérisons qu'il a opéré pour ceux dotés de la foi. Exhortation sera faite aux médecins, prêtres et visiteurs des malades de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour soulager la souffrance. Et surtout préserver la vie, à l'exemple de Saint Joseph dont on célébrait la solennité. Après avoir confié tout le monde à l'intercession de la Vierge Marie et de Saint Joseph, le Pape a offert quatre cartons de médailles et de chapelets, imposé les mains à tous les malades. Puis a signé le livre d'or du centre, avant de prendre congé de tous. Restées à leurs places, deux musulmanes, drapées dans leurs voiles blancs, regarderont en silence, au milieu d'une foule en liesse, le Saint-Père se retirer avec sa suite.



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