Tirs groupés sur le projet de la révision constitutionnelle.
La majorité des médias se sont penchés sur le projet de modification de la constitution. Au delà des faits, les analyses et les commentaires restent très mesurés sur l'opportunité de la retouche de la constitution que tente d'opérer le régime de Paul Biya

08.04.08 Par Mohamed RAMZI

A l'exception de Cameroon Tribune qui préfère mettre à sa Une l'audience accordée Vendredi dernier par le chef de l'Etat à l'ambassadeur de France Georges Serre, la majorité des journaux font du projet de réforme constitutionnelle, leurs sujets centraux. " Paul Biya ne veut pas répondre de ses actes " titre le quotidien Mutations. La nouvelle Expression va dans le même sens puisqu'elle parle d'une " immunité à vie " pour le président de la République.  L'idée de cette immunité que semble vouloir s'octroyer Paul Biya fait dire à quelques uns que le président pourrait céder son fauteuil. Il s'agit pour lui de prendre sa retraite politique sans bousculade judiciaire d'après cette opinion. D'autres pensent le contraire. C'est le cas de Le Messager qui titre : " Modification de la constitution : Paul Biya à vie. " Au delà des commentaires, qui semblent tous dénoncer le désir d'immortalité politique que nourrit le président camerounais, ce sont les personnalités politiques qui expriment leurs positions. Pauline Biyong de la société civile pense que " le projet veut constitutionnaliser la monarchie. " Saidou Maidadi, le secrétaire général de l'Alliance des Forces Progressistes déclare dans les colonnes de Le Messager : " cette révision n'est ni opportune ni pertinente ". C'est peut-être conscient de cela que le pouvoir use de toutes les stratégies pour garantir l'adoption de ce projet par l'assemblée nationale.  Mutations écrit en effet : " Le parti au pouvoir met la pression sur ses élus dans l'optique de l'examen du projet de loi ". Le journal parle de " marchandage " et d'une " surenchère " des députés du RDPC. Une surenchère d'autant plus impérieuse qu'il existe rappelle Mutations " des sons dissonants dans l'hémicycle ".
Au finish, les commentateurs de la presse reconnaissent qu'en l'état des choses, rien ne peut plus arrêter le projet si ce ne sont pas les députés. Certains s'adressent d'ailleurs à eux. C'est le cas de Pius Njawé, le patron du quotidien Le Messager qui écrit : " L'heure, en tout cas, a sonné pour nos députés. L'heure de prouver au peuple électeur qu'ils servent ses intérêts et ceux du Cameroun, et non les intérêts d'un individu ou d'un clan maffieux. Mais aussi et surtout l'heure de prouver que le parlement au Cameroun peut cesser d'être une simple caisse de résonance pour être un véritable pouvoir ". C'est à peu près ce qu'on lit dans Mutations qui relaie la tribune d'une Ong dénommée Initiative de Gouvernance Citoyenne. Pour cette dernière, " Quand bien même nous comprenons le principe de la discipline du parti et de la volonté de préserver les intérêts du parti, nous en appelons à la sagesse et au courage de nos élus, tant il y va de l'avenir de notre pays et de ses institutions républicaines, et de son image aux yeux de la communauté des nations ".
Il est donc sûr que le parlement va encore focaliser l'attention des médias jusqu'à Mardi prochain où le projet sera voté par les députés.





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