Yaoundé : Le Ramadan tire à sa faim

Bien que le jeûne s'achève, l'ambiance est plutôt calme chez les commerçants et couturiers de la Briqueterie.

23.09.08 Par Carine Essosso

La matinée du samedi 20 septembre au quartier Briqueterie est plutôt calme. Contrairement à la période approchant la fête du ramadan de l'année dernière, on ne note pas une grande affluence chez les couturiers et les commerçants de textiles de ce quartier populaire de Yaoundé. Dans les différentes échoppes, on aperçoit juste quelques clientes venues acheter des tissus pour des réunions ou des cérémonies, ou encore des commerçants assis devant leurs boutiques, les regards rivés sur la route. Dans les ateliers de couture, les propriétaires et leurs assistants sont assis devant leurs machines à coudre, papotant entre eux ou alors couchés sur leur outil de travail.

Certains d'entre eux se plaignent de ce que la clientèle est rare. C'est le cas de Solange Tagne, une couturière installée depuis dix ans au quartier Briqueterie. "Contrairement à l'année dernière où il y avait plus de mouvements, cette année, le marché ne vit pas. Pourtant, la fête du ramadan c'est bientôt !" déclare-t-elle avant d'ajouter en se levant : "c'est pour ça que je m'en vais me promener". L'horloge indique pourtant 10h. Solange Tagne n'est pas seule à ce plaindre de cette situation. Félix Eloi, un couturier installé dans le même quartier depuis 20 ans avoue, pour sa part, "qu'en cette période, le nombre de clients n'a pas vraiment augmenté", dit-il avant de préciser : "même les employés ne sont pas venus ce samedi parce qu'il n'y a pas beaucoup de boulot".

Pour lui, le peu d'engouement que l'on observe à quelques jours de la fin du Ramadan s'explique par le fait que les parents ont pour souci majeur la préparation du retour des enfants à l'école ; la rentrée scolaire étant proche de la fête cette année. Certains des couturiers gardent tout de même espoir comme Oumarou, qui pense que dès ce matin, il y aura plus de monde puisque ce sera la dernière semaine.
Les mêmes plaintes sont formulées du côté des commerçants de textiles. Mais ceux-ci disent avoir tout de même plus de clientèle en cette période, bien que le nombre soit négligeable par rapport à l'année dernière. "Cette année, il n'y a pas tellement de clients mais des gens viennent quand même acheter les tissus", déclare Abdou, installé depuis trois ans au quartier Briqueterie. En tenant compte de la clientèle qui est déjà passé dans sa boutique, Abdou ajoute que comme c'est la fête, sa clientèle achète les pagnes qui coûtent chers tels que les pagnes "Côte d'Ivoire", "Hollandais", "Super wax" et "coton suisse " dont les prix oscillent entre 15.000 Fcfa et 75.000 Fcfa. D'autres commandent même des tissus à plus de 200.000 Fcfa chez des commerçants indépendants.

Et il n'y a pas que chez ces opérateurs économiques qu'est perçue la difficulté. " Je ne sais même pas si j'aurais l'habit de la fête cette année. J'attends encore qu'on me fasse signe. Pourtant la dernière fois, à l'approche de la fin du Ramadan, mes tissus étaient déjà chez le couturier", déclare Hassan, un étudiant qui vit seul au quartier Ngoa-Ekellé.
L'on rencontre tout de même des personnes qui ont déjà commencé à régler le côté vestimentaire de la fête. C'est le cas de Hadidja, qui avoue avoir déjà cousu sept tissus "coton suisse". Elle explique que si elle a déjà commencé avec la couture des vêtements, c'est tout simplement parce qu'elle veut "être sure que les vêtements de fête de toute la famille seront prêts à temps". Et c'est la même raison qu'évoque Laïla dont "les tissus sont déjà chez son couturier".



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