Dérives policières : La colère du président
Deux policiers révoqués et onze autres suspendus dans une série de textes signés par le président Paul Biya
06.11.08 Par Adrien NENGWE
Deux gardiens de la paix, Ndam Ibrahim et Ndam Amadou, sont révoqués des cadres de la Sûreté nationale du Cameroun. Le texte les sanctionnant, un arrêté présidentiel signé ce mardi 04 novembre 2008, justifie cette punition par le motif d'" indélicatesse et compromission grave portant atteinte à la considération de la police par arrestation irrégulière d'un réfugié. "
Le réfugié en question est le lieutement-colonel équato-guinéen, Cipriano Nguema Mba, qui bénéficiait d'un statut régulier de réfugié au Cameroun. Les faits qui leur sont reprochés ont été commis le 08 octobre dernier. Cette déchéance entraîne du même coup, selon l'acte réglementaire, la suppression des droits à pension. Les deux policiers n'auront droit qu'au transport gratuit pour eux-mêmes, leurs enfants légitimes à charge, ainsi que leurs bagages du lieu de service à leurs localités d'origine.
Onze autres policiers ont été sanctionnés hier par des décisions présidentielles signées par ordre par le délégué général à la Sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo'o. Les services centraux touchés sont : la direction de la sécurité publique, la direction de la police des frontières, la compagnie de sécurisation des diplomates, la direction des ressources humaines. Le vent des punitions a également soufflé sur les services extérieurs (Commissariat de sécurité publique du 9ème arrondissement de la ville de Douala, Centre médical de la police de Yaoundé, Ecole nationale supérieure de police de Yaoundé, Groupement mobile d'intervention du Sud à Ebolowa, Commissariat à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen). Mais la main du chef de l'Etat a été moins lourde. Sans doute parce que les faits qui leur sont reprochés sont moins graves.
Les motifs, en tout cas, sont divers : extorsion de fonds, extorsion de fonds à un demandeur de passeport ordinaire, indélicatesses avérées dans l'exercice des fonctions d'agent assermenté en matière de constat d'accidents de la circulation routière, extorsions de biens appartenant à des tiers, indélicatesses graves et répétées dans la vie privée, comportement désobligeant, insubordination hiérarchique caractérisée, chantage, arnaque, racket et extorsion de fonds perpétrés au préjudice d'expatriés, extorsion de fonds et insubordination hiérarchique caractérisée, extorsion de fonds dans l'exercice de ses fonctions, etc.
Tous ceux qui tombent sous le coup de ces motifs écopent d'une peine de trois mois de suspension. Pendant la durée de cette suspension qui prend effet pour compter de la date de signature des décisions, ils ne percevront aucune solde, ni accessoires de solde, sauf le cas échéant, les indemnités pour charge de famille. Ceux qui sont ainsi sanctionnés passeront devant le conseil de discipline de la délégation générale à la Sûreté nationale et pourront être traduits en justice. Si seulement ces sanctions pouvaient conscientiser la police !
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