Démolitions en vue à Ngoa-Ekéllé
Aux lieux dits " Château " et " Cradat ", certains habitants ont commencé à casser eux-mêmes

15.08.08 Par Hughes Marcel TCHOUA

"On s'attendait à les voir arriver en décembre, comme le chef nous avait prévenu. Mais, à notre grande surprise, les engins de la Communauté urbaine ont commencé à détruire les maisons au niveau du " Château " mercredi dernier. Ils ont promis de poursuivre leur travail ce mardi. C'est pourquoi nous faisons rapidement détruire les parties concernées de nos habitations avant qu'ils n'arrivent avec leurs engins". Claire Banya, artiste, regarde les ouvriers diviser à coups de marteaux la dalle de la maison familiale ce lundi 11 août 2008. Tout autour d'elle, des manœuvres sont à l'ouvrage. Un vent de démolition souffle sur la voie annexe menant au Quartier Général. Les propriétaires de bâtisses empiétant sur la voie publique s'activent à leur destruction. Si les uns veulent éviter les dégâts que causent les machines de la Communauté urbaine, les autres détruisent pour faire un meilleur usage des matériaux. Maurice Tsafack, est de ceux-là : " Je veux récupérer les planches. Elles me serviront à construire un autre hangar pour abriter mes moulins ". Les branchements électriques sont déplacés. Dans les débris, des commerçants ont pris soin de mentionner sur la ferraille leur nouvel emplacement à l'adresse des clients.
Les habitants de Ngoa-Ekéllé n'hésitent pas à exprimer leur surprise. " Lorsque les agents de la Commune d'arrondissement de Yaoundé 3e sont venus mettre les croix en janvier 2008, le chef de quartier nous a fait savoir que les démolitions interviendraient en décembre. C'est donc avec surprise que nous avons accueilli la nouvelle des démolitions jeudi ", lance Léonie, coiffeuse. Les croix de St André prévoyaient pourtant que les concernés n'avaient que 48 heures pour détruire leur local. Approché, le chef du quartier Ngoa-Ekéllé, Marcel F. Alima se veut clair : " Je n'ai donné que des informations qui me sont parvenues. Depuis trois jours, je demande à tous les habitants du quartier de libérer les abords de la route. Mais certains refusent toujours de croire que la Communauté urbaine viendra casser ".
Plus loin, au lieu dit Cradat et en face de l'Ecole nationale Supérieure des Postes et Télécommunications où la nouvelle route devra déboucher, des étudiants continuent d'occuper des chambres marquées d'une croix rouge. " J'ai emballé quelques affaires et j'attends, parce que je ne sais même pas où je vais les déposer ", révèle Hervé Pouassi, étudiant en informatique à l'université de Yaoundé I. Il dit attendre de voir les engins avant de bouger.




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