Mode : Ces garçons qui portent les boucles d'oreilles
Footballeur, fan de musiques, les raisons sont multiples pour justifier cette pratique.
12.11.08 Par Leyla Kaïgama
Ils la mettent en piercing, ou optent pour l'aimantée, qui une fois ôtée ne laisse aucun trou sur le lobe de l'oreille. Les garçons, avec une ou deux boucles, expriment parfois à travers cette habitude, un style de vie et des aspirations. C'est le cas de Roméo Ngamou, avec ses deux boucles aimantées, qui avoue que le port des boucles d'oreille n'est qu'une conséquence de son amour pour le rap. " J'ai commencé à mettre des boucles mais les aimantées en classe de 4e. Je faisais dans le hip hop, la musique et la danse, et j'ai épousé le style musical qui veut que les gens soient habillés d'une certaine façon. Ça me plaît ".
Aujourd'hui âgé de 24 ans il offre ses services dans un supermarché de la ville et ne peut pas se permettre d'avoir ses boucles pendant qu'il est en service. Sylvain R quant à lui, a un piercing à l'oreille gauche et envisage faire un deuxième. Il y met un bijou depuis l'âge de 12 ans parce qu'il s'est intéressé au football et le pratique à ses heures libres. Pour d'autres garçons, c'est l'effet de la mode comme c'est le cas de Moïse, étudiant : " Je la mets parce que j'aime être in. Je suis à la mode et je sais ce qui me va sans être extravagant".
Dans les lycées ce n'est pas toujours aisé de s'afficher avec ses boucles d'oreille. " Je ne pouvais pas porter mes boucles n'importe comment quand j'étais au lycée de Mimboman. J'attendais les heures libres ou la pause pour laisser libre cours à mon envie. Par contre quand j'ai viré pour le lycée technique de Nkolbisson, il n'y a pas eu de barrière je les mettais sans problème ", explique Roméo. Sylvain quant à lui s'est fait taxer de mauvais garçon et ça ne l'a pas empêché de mettre ses boucles au lycée. " Les enseignants me prenaient pour un bandit. Je ne me cachais pas pour mettre mes boucles et tout le monde a fini par m'accepter avec mon style ", poursuit-il.
Pour ces précédents cas, ça n'a pas été difficile de faire accepter leur préférence à leurs parents. Ces garçons avouent avoir eu des parents pas comme les autres. Cette pratique du port des boucles par les garçons amène néanmoins d'autres parents à avoir des positions nuancées. A cet effet, Georgette Yamenga estime que : " C'est une pratique dépravée et je n'accepte pas ça. A notre époque on ne connaissait pas toutes ces tendances, et nos parents ne pouvaient pas permettre des comportements pareils. Mais aujourd'hui avec la mondialisation on se sent un peu contraint à accepter certaines choses comme les garçons qui portent des boucles ".
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