Médicaments de la rue : des stocks saisis et brûlés

Une action conjointe de la police et de la gendarmerie, menée hier dans les marchés, a permis de mettre la main sur une grande quantité de ces produits

11.10.08 Par Hugues Marcel TCHOUA

Il est environ 11h, Mercredi dernier au marché Madagascar, le branle-bas est général. Ici, on bouscule les médicaments. Là, on les emporte. Les principaux concernés, les " pharmaciens de la rue ", ont pris la fuite. Les CD et les vidéos pornographiques font aussi partie de la cible de l'opération. Quelques minutes après, tout est saccagé. Même scénario au marché Mokolo. Trois véhicules chargés d'éléments des forces de l'ordre viennent de garer non loin de là. Les hommes en tenue foncent dans le marché. Les vendeurs de CD remballent leurs affaires manu militari. Mais à la surprise générale, la quinzaine d'hommes en tenue, sous les ordres du commissaire du premier arrondissement, se dirigent plutôt vers les comptoirs des vendeurs de médicaments. Ils fouillent sans dire mot et emportent des stocks de produits.

Trente minutes plus tard au marché central. Une autre escorte approche. On crie : "Voilà la police. Ils vont vous encercler. Fuyez en emportant vos Cd !". Approché, un adjoint au commissaire déclare qu'il s'agit d'une action menée par le ministère de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation contre les faux médicaments. Puis, le peloton se dirige vers un atelier de couture où ils découvrent un important stock de produits pharmaceutiques. Le tout est parqué dans un pick-up de la gendarmerie et emporté. Selon un autre élément de la troupe, cette action est engagée sur plusieurs fronts dans la capitale. " D'autres éléments ont été envoyés dans les marchés comme celui d'Elig Edzoa ", précise-t-il. L'opération d'hier intervient à la suite des descentes effectuées en vue de confisquer les stocks de CD et vidéo pornographiques, conformément à l'arrêté préfectoral de fin septembre dernier.

Au ministère de la Santé publique, on affirme que l'opération de lutte contre la vente illicite des médicaments a été lancée depuis le mois de mai dernier par le ministre de la Santé publique. Les autorités administratives ne font que prendre le relais. " Les médicaments de la rue ne sont pas contrôlés. Ils représentent un grand danger pour les populations. Il faut qu'ils disparaissent de la circulation définitivement ", lance un responsable.

L'opération mixte de la gendarmerie et de la police, sous la coordination de la préfecture du Mfoundi, est bel et bien entrée en action. Elle est concomitamment menée sur tous les grands marchés de la capitale et autres points de vente. Le préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo, joint au téléphone, a ajouté que la commission d'incinération a eu lieu dans l'après-midi. " Le contenu de plusieurs camions et près d'une dizaine de pick-up a été brûlé à Ahala- Barrière ".




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