Logements : Hausse des prix à Ngoa-Ekellé
Les bailleurs procèdent à des spéculations ponctuelles, du fait de la demande sans cesse en croissance au fil des ans.

28.05.08 Par Viviane Gaingne

Acquérir une chambre dans une résidence universitaire relève du chemin de croix, pour les nouveaux étudiants, qui entrent en première année, dans les universités d'Etat. Les prix proposés par les bâilleurs oscillent entre 5.000Fcfa et 35.000Fcfa la chambre suivant le standing des résidences. L'étudiant moyen acquiert la chambre à 8.000 ou 15.000Fcfa, alors que les moins nantis se rabattent sur des logements exposés aux intempéries. La plus part du temps, ces mini cités sont exemptes d'infrastructures de base comme des toilettes décentes des points d'eau, l'électricité à plein temps, et sont confrontées au problème d'inondation en saison des pluies, quand les toitures ne déversent pas le flot des points d'eau de pluie dans les affaires des étudiants.
Véritables poches d'insécurité, ces mini cités présentent la particularité d'abriter des bandits de grand chemin. Vols, viols et agressions, sont ainsi récurrents dans ces sortes de no man's land, où il est difficile de mener une existence paisible. " Je vis dans la cité Rose Bowl depuis deux ans aujourd'hui. Cette cité comporte deux compartiments. Celui que j'occupe ne dispose pas de toilettes. Pour aller aux WC, nous sommes obligés d'aller d'une cité à une autre. Le seul point dont nous disposons est situé à 50 mètres. Et nous payons 13 000 Fcfa le mois ", explique M. Camille Ndam, étudiant en 3ème année à Yaoundé I.

Les chambres dites modernes par les bailleurs parce que contenant un pot, même si elles ne respectent pas la superficie d'une chambre normale (12 m² et 9 m²), coûtent en moyenne 20 000 Fcfa. Une somme qu'il faut verser pour un an, avec une caution dite remboursable, pouvant atteindre 80 000 fcfa. Une manœuvre que condamne la réglementation d'après M. Menik Richard, responsable de la brigade spéciale des cités universitaires.
Selon certains bailleurs, les pouvoirs publics ont une part de responsabilité dans cette situation difficile pour les étudiants, parce que disent-ils, ces derniers font la sourde oreille face à la hausse des prix. Pourtant, ce problème des prix de logement ne devrait plus se poser, avec l'existence d'un document portant homologation des prix par catégorie de logement dans les zones de résidence universitaire signé le 12 décembre 2006, par les ministères de l'enseignement supérieur, du commerce, du développement urbain et de l'habitat, et des domaines et des affaires foncières.

Ce document fixe les prix officiels des chambres tels qu'il suit dans la zone de Yaoundé 1: 23 000 f pour les chambres de très haut standing, 20 000f pour les hauts standings, 13 500f pour les standings moyen, 8000f pour les standings ordinaires, et 4500f pour les non classés. Cependant, cet arrêté susceptible de mettre fin à la guerre entre étudiant et bailleurs, reste encore inappliqué sur le terrain. M. Menik Richard " L'application de cette note doit au préalable faire suite à une enquête et à un recensement de toutes les catégories de logement. Ensuite, le mincommerce établira une grille des prix de logement suivant les différents standings ", indique M. Richad Menik, responsable de la brigade spéciale, chargée de veiller à la mise en application de ce document sur le terrain par les bailleurs. En attendant l'application de cet arrêté l'inflation continue.




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