Douala :Un litige foncier occasionne la destruction des maisons

Suite à une décision de justice, sur le litige foncier opposant les occupants des lieux à un certain Amadou Alim, des dizaines de maisons ont été mises à ras au quartier Nsong-mahop, le vendredi, 05 septembre dernier.

15.09.08 Par Zénabou Nkouandou à Douala
Quittés du piédestal de propriétaires terriens pour la plupart, certains habitants de Nsong-Mahop se sont contentés pendant quatre heures d’horloge du statut de spectateurs passifs. Maîtrisés par une vingtaine de gendarmes, leurs cris, pleurs et intimidations ont laissés indifférents les agents de la Communauté urbaine de Douala (CUD), déployés sur les lieux avec un bulldozer pour ratisser le terrain. Les violents  coups de marteaux et la force de frappe de l’engin ont suffit réduire en poussière une quarantaine de maison de quartier de Douala 3e. Ainsi garantir à chacun des habitants une place à la belle étoile en cette période pluvieuse.
Pour certains occupants, alertés de leurs lieux de travail, « c’est un rêve ». D’autres moins enfouis dans le rêve mentionnent qu’ils n’ont reçu aucune notification préalable. Le cas Léopold Nassi, co-héritier d’une défunte revendeuse de lopins de terres : « Nous sommes ici depuis plus de trente ans. On n’a jamais vu la personne qui réclame ces terres. Aujourd’hui des gens débarquent sans explication et commencent à nous détruire. » se plaint- il la déception perceptible sur le visage / les traits tirés.
L’initiative de déguerpisssement constitue la trame d’une procédure judiciaire entamée depuis une décennie. Selon Me Ekongolo, qui relaie le dossier après Me Guy Effon ancien plaidant pour Amadou Alim, « le terrain revient légalement à son client ». Comme preuve, il évoque la décision de justice  de décembre 1998 ; qui lui donne gain de cause. Et, brandit le titre foncier datant de 1981 d’Amadou Alim, qui d’après les populations serait l’ancien Ambassadeur du Cameroun en Arabie Saoudite. Ces dernières ; qui disent s’être procurées les terres auprès des autochtones Bonaloka, voient en cela une machination d’Amadou Alim de connivence avec la hiérarchie de la CUD.
Bien que M Suffo s’efforce à rester stoïque au regard de la taloche du bulldozer sur les pans de son immeuble, il demeure perplexe : «  Cela fait juste onze mois que j’habite dans cette maison. J’ai acheté ce bâtiment chez Joseph waffo mon beau frère pour revenir m’installer au pays. Maintenant voila 22 millions de FCFa qui s’évaporent en un laps de temps ». A-t-il laissé entendre. La mine défaite, les cheveux en bataille, les joues ruisselant de larmes, la directrice de l’école privée laïque de l’endurance, construite il y’a 13 ans sur le site, ne sait plus à quel saint se vouer en ces temps de rentrée scolaire.
Tandis que certains délocalisés essayent malgré moult péripéties de sauver les meubles, les Hommes en tenue présents s’attellent à demander aux habitants encore à l’abri de sécuriser leurs parcelles avec un titre foncier authentique. Pour ainsi éviter le même sort.



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