Yaoundé : L'investiture de Barack Obama dans la ferveur
Les camerounais ont suivi en direct, la prestation de serment du 44ème président des Etats-Unis grâce à des postes de télévision
22.01.09 par Yanne MOUHIEBE
Il est 17 heures dans la ville de Yaoundé, tous les camerounais, sans distinction d'âge et de sexe ont pris d'assaut tous les lieux publics où sont branchés les postes de télévision pour ceux n'ayant pas les moyens d'en acheter un. Mais d'autres par contre ont délibérément choisi de vivre en public, la cérémonie d'investiture du président Barack Hussein Obama. Et même dans les boutiques pourvues des téléviseurs, un client n'est pas le bienvenu, non pas pour le boutiquier, mais pour les multiples téléspectateurs qui ne souhaitent pas être dérangés en ce moment. Les camerounais ont accordé une importance somme toute particulière à un événement qui se déroulait pourtant à des milliers de kilomètres de chez eux.
De Bastos à Obili, en passant par Olézoa, le spectacle était presque le même, plus intéressant encore, au quartier estudiantin appelé communément Bonas. Et même le conducteur du taxi à bord duquel nous nous trouvions pour effectuer le dernier trajet vers Obili ne s'est pas empêché de donner son avis sur ce qui est qualifié d'événement historique. Loko Christophe prend position : " les gens s'affolent es gens de la victoire de Barack Obama. Ils croient qu'il va apporter les solutions à tous leurs problèmes alors qu'ils oublient qu'il est élu président des Etats-Unis et non d'Afrique. Je pense que Obama a le sang africain donc, il est africain avant d'être américain. Je prie Dieu pour que le nouveau président américain regarde l'Afrique dans le bon sens c'est-à-dire, qu'il soit moins violent que son prédécesseur, Georges W. Bush. Je crois que, ce qui va changer en réalité, c'est le complexe de l'homme noir à l'égard de l'homme blanc ".
La bière a coulé à flot
Après avoir suivi en direct de Washington, le serment prêté par ce métis de 47 ans, ceux moyennant quelque sous et ceux qui n'avaient pas de quoi prendre une bière mais invité par les camarades se ont retrouvés dans les bars pour continuer la fête. Ici, l'épicentre était Bonas où les anglophones sont majoritaires. Après avoir avalé quelques gouttes de bière, de bout de leurs lèvres, ces jeunes tiennent quasiment le même discours : " un noir comme nous dirige la première puissance du monde, donc il commande le monde " et tous reprennent en chœur Barack Obama. Et à la question de savoir " êtes-vous sûrs que Obama plaidera votre cause ? " ils s'en moquent tous. Pour eux, tout ce qui compte, c'est que l'homme noir n'est plus celui que certains croyaient il y a une dizaine d'années.
Contrairement à ces jeunes gens qui se sont retrouvés dans les différents débits de boisson, d'autres personnes d'une classe sociale aisée ont fêté dans leurs domiciles respectifs. Au domicile de M Nkoa, fonctionnaire, sis au quartier Obili, c'est le sentiment de joie qui prévalait autour de quelques cartons de vin et de quelques bouteilles de whisky. Visiblement, c'est toute la maisonnée qui était joyeuse car, on pouvait entendre es rires qui fusaient de toute part.
Place au commentaire chez les étudiants
Sur la politique africaine que le nouveau président mènera pendant les quatre ans avenirs, les avis sont partagés. Si d'aucuns pensent que Obama pèsera de tout son poids sur les vieux chefs d'Etat qui se battent par tous les moyens pour s'accrocher au pouvoir, d'autres, plus réalistes peut-être, pensent que la situation ne changera guère car ces derniers affirment que les intérêts de l'Amérique d'abord. Pour eux, Barack Obama va s'aligner sur la même politique que son prédécesseur. Ala Doumbaï, étudiant tchadien en quatrième année de sociologie, pense quant à lui que, " Obama changera juste les stratégies en poursuivant les mêmes objectifs que Bush. Il va, certes, essayer de soigner l'image des Etats-Unis, très mal perçus par tout le monde et en particulier par le monde arabe, à cause de la guerre folle déclarée à l'Irak en mars 2003 qui a vu la chute et la pendaison de Saddam Hussein ".
D'une manière globale, les habitants de la ville de Yaoundé ont apprécié par endroits, ce mardi 20 janvier, la cérémonie de prestation de serment de Barack Obama et tous ont donné leurs avis quand à la vision africaine qu'aura l'homme aux origines kenyanes.
Son secret : Les stratégies qui ont mené Barack Obama à la maison blanche
Le candidat démocrate a mis sur pied plusieurs stratégies allant de son équipe de campagne à son talent personnel pour convaincre les américains le 4 novembre 2008.
Obama doit tout d'abord sa victoire à son équipe de campagne. Une équipe constituée de grands stratèges qui ont amené une campagne sans faille du fait de leurs connaissances due à des situations qui préoccupent les américains actuellement. Au rang desquels, la crise économique et la fin de la guerre en Irak tant souhaitée. Et c'est justement sur ces 2 grands problèmes en proposant des solutions appréciables si Obama est élu à la tête du pays. Outre cette campagne menée avec minutie, l'intelligence du candidat n'est pas à négliger, car, par son sang froid lors des débats télévisé, Obama a fait preuve d'un charisme exceptionnel d'un chef de l'Etat. Aussi par sa verve, Obama a prouvé qu'il connaît mieux, la préoccupation du peuple par rapport à son challenger d'alors, John Mc Cain. Parlant de tout ce qui a contribué à son élection, il serait très absurde de ne pas mentionner le rôle important qu'ont joué les nouvelles technologies que l'équipe a su exploiter pour amener non seulement les jeunes américains à s'intéresser à la campagne, mais aussi, tous les citoyens du monde qui ont d'ailleurs massivement porté leur choix sur le candidat démocrate s'ils avaient la possibilité de voter. On eut également citer une autre situation qui a contribué à son élection : l'Afrique oubliée ou négligée par Obama qui n'a jamais évoqué la situation politique qui prévaut actuellement sur le continent durant toute sa campagne.
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