Infrastructure routière : Bitumage querellée de la route d'Akono.

L'arrondissement bénéficie du projet de revêtement de l'axe routier Yaoundé-Kribi. Les dommages collatéraux que cela engendre suscitent la colère des populations.

Par Alain MEVENGUE

La route Yaoundé-Kribi passe désormais à Akono. Les travaux visant à asphalter  cette route sont en cours. A partir du centre de la ville d'Akono, on peut entendre les vrombissements des bulldozers de la société RAZEL en charge de la réalisation des travaux de création de la route nationale N°1.  Les travaux effectués sur cette  route s'inscrivent dans le cadre du  projet grand BATANGA qui a pour objectif de booster le développement du pays tout entier et de la région en particulier. Il s'agit, en levant les obstacles infrastructurels et notamment routiers, de favoriser la réalisation du projet industriel qui intègre le port en eau profonde de Kribi et le barrage hydroélectrique de Memvéle dans le Sud du Cameroun. Les retombées sur le plan économique dans le département de la Mefou et Akono sont importantes. Elles vont du développement d'une industrie locale à l'approvisionnement en eau et en énergie électrique. Ces travaux, espère t-on dans la ville, vont sortir la région du désenclavement criard que l'on observe dans la région.
Désagréments
L'arrivée de la route a pourtant provoqué des dommages au sein de la population. Le plan d'urbanisation de la ville d'Akono est entrain de subir des modifications dûes au passage de la route nationale N°1. Des modifications qui se traduisent par des délocalisations, des exhumations de tombes et des casses. Cette situation a provoqué des tensions entre les riverains et les autorités administratives. Certains riverains estiment que les montants des indemnisations allouées aux familles dont les maisons ont été détruites sont insignifiants. Madame veuve Onambélé Thérèse est de ceux-là. Résidant désormais dans une petite cuisine avec ses cinq enfants à un jet de pierre de la rivière Akono, la villa laissée par son défunt mari ainsi que sa tombe ayant été démolies, elle reproche aux autorités ayant la charge du dossier, de dédommager les familles sur la base de la grille tarifaire de 1972. " Or de nos jours, les prix des matériaux de construction ont énormément augmenté sur le marché " déclare t-elle. Pour sa maison qu'elle estime à 12 000 000 Francs CFA,  " je n'ai reçu que 5 000 000 de Francs Cfa et la tombe de mon mari n'a pas été pris en compte. Même une messe n'a pas été dite " se plaint-elle. Pratiquement tout au long du tronçon Akono-Olama, les populations crient leurs frustrations " dans l'indifférence  du préfet de la Mefou et Akono, Pierre Ndounda " précise un habitant très remonté contre lui. Une source proche du dossier fait savoir que les montants exigés par les populations sont colossales et insupportables par les autorités. " Des ajustements ont d'ailleurs ont été opérés dans le sens de réduire le nombre de personnes à indemniser " explique notre source. Du côté des populations, l'on continue d'attendre que les autorités réajustent les montants des indemnisations. Faute de trouver un terrain d'entente, l'évolution des travaux connaît un arrêt momentané, notamment dans quelques zones telles que Fegminbang I. Une situation que l'Etat camerounais, qui a la charge du dossier, devra examiner au plus vite pour rattraper le retard qu'accuse désormais l'évolution des travaux.




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