Akono : Si l'implantation française m'était contée

Historiquement, la localité porte les marques de la France et particulièrement de la région d'Alsace.

Par Adrien NENGWE

Monument de 70 mètres de long, 40 m de transept, 20 m de hauteur et 20 m de largeur, l'église catholique d'Akono est la principale attraction de la ville. Calquée sur le modèle de la cathédrale Notre Dame de Paris en France, cette église située en plein centre ville marque par son histoire, son architecture, ses principaux animateurs, l'emprunte de la France dans la localité. A l'époque raconte un riverain, les missionnaires multipliaient des stratégies pour impressionner les indigènes. C'est dans esprit  que les catholiques ont construit cette immense bâtisse dans laquelle plusieurs fils de la localité vont perdre la vie puisqu'elle a été construite à la main. C'est donc de 1933 à 1937 que l'église catholique d'Akono va sortir de terre.
Après la perte de la première guerre mondiale par les allemands, la France va s'implanter dans la localité. Mais très vite vont se poser les problèmes de communication entre ceux-ci et les autochtones. C'est pour résoudre ce problème que les alsaciens seront choisis. Les alsaciens qui ont la particularité d'être bilingues et parlent le français et l'allemand sont indiqués pour la situation. C'est donc ainsi qu'Akono s'enrichit d'un peuplement français et singulièrement alsacien.
Lorsque survient  la prise de Paris par les Allemands, 2 personnalités vont aux positions opposées vont émerger sur la scène politique française ; Le maréchal Pétain favorable à l'annexion de la France par l'Allemagne et le général De Gaulle qui y est hostile. Parmi les personnalités militaires favorables au Général De Gaulle, apparaît le Général Leclerc. Celui-ci cherche exil en Afrique pour préparer la reconquête de la France. Informé que la communauté française du Cameroun et celle d'Akono lui sont favorables, il va y trouver refuge. C'est, d'après des sources concordantes, dans le sous-sol de l'église catholique d'Akono qu'il va prendre ses quartiers. Dans la localité et jusqu'à ce jour, beaucoup de personnes sont convaincues qu'il s'agissait plutôt du Général De Gaulle. " N'essayez pas de les convaincre du contraire, ils ne vous croiront pas " avertit un prêtre camerounais.
Parvenu à Akono, le général Leclerc fait une communication pour demander l'aide des Betis, communautés du Centre et du Sud du Cameroun. C'est donc fort de ce soutien qu'il s'élance vers d'autres pays de la sous-région. " A Akono, les populations ont le sentiment que leurs ancêtres ont participé à la libération de la France " raconte un fonctionnaire retraité.
Aujourd'hui encore la présence de la France et surtout de l'Alsace est très marquée dans la localité. Au-delà de l'église catholique qui domine en hauteur le centre de la ville. Il y a une très forte présence de religieuses regroupées autour des sœurs de la croix de Strasbourg (la capitale de l'alsace, Ndlr). Akono est également la seule mairie du Cameroun dirigée par un étranger. Marie Hélène Ngoa, d'origine française a remporté les dernières élections face à Daniel Anicet Noah, un natif de la localité. Une véritable curiosité. Pour le candidat malheureux pourtant, il n'y a rien de surprenant  à cela : " Vous devez savoir que Akono est de part son histoire est  une ville française. Il est donc difficile de battre un français dans cette localité " déclare t-il. Une autre emprunte de la France à Akono est le collège Stoll. L'établissement privé catholique fondé en 1963 par Monseigneur Jean Zoa, doit son nom à un prêtre alsacien, Antoine STOLL, fondateur de la mission catholique d'Akono.
Même les camerounais qui visitent Akono  repartent avec le sentiment que cette localité est à peu près une propriété française. " Enlevez le collège Antoine Stoll et l'église notre dame des sept douleurs, Akono ne ressemble à rien " écrit Josiane Tchakounté dans sa chronique. Tout un aveu !




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