Malaise dans les hôpitaux publics
Les personnels temporaires observent un mouvement de grève pour protester contre leurs traitements par le gouvernement camerounais
07.01.09 par Adrien NENGWE
" Si ça continue comme ça, on devra fermer les hôpitaux publics ", fait observer, amer, un infirmier permanent de l'hôpital Central de Yaoundé (HCY). Selon qui on ne peut pas mettre à la porte 80% des personnels et s'attendre à ce que le travail soit réalisé par les 20% d'agents restants. Car, depuis le 02 janvier 2009, les hôpitaux publics sont privés de personnels temporaires. Qui sont restés chez eux comme recommandé par le président du Syndicat national des personnels medico sanitaires (Synpems), Balla Balla, dans un communiqué rendu public le 29 décembre. Lequel a tenu par cette décision "à marquer sa soumission aux autorités administratives ayant décidé de la fin des personnels vacataires dans le public dès l'année 2009 ", comme il le souligne. Depuis trois jours donc, l'absence de ces agents fait grand bruit dans les formations sanitaires concernées.
A l'hôpital central par exemple, les infirmiers permanents, courroucés, avouent qu'ils assurent le strict minimum, en attendant que la situation soit rétablie. Tous les services sont touchés par cette pénurie de personnels qui hypothèque la santé des patients. Au Centre de coordination de l'accueil et des urgences (Ccau), les étudiants de la faculté de médecine ont été appelés en renfort et sont contraints de faire aussi bien la médecine interne que les soins. Ce dimanche, en mi journée, ceux de garde, dont un médecin qui travaille depuis la veille, font savoir "qu'ils attendent". Au pavillon Fontan, c'est la même rengaine, tout comme au pavillon Lagarde, une unité truffée de grands malades sur lesquels doivent veiller deux personnes, au lieu de la dizaine habituelle. Aux soins intensifs, les agents constatent qu'ils ne pourront pas prendre de malades si rien n'évolue. Ici et là, la fréquence et les horaires de soins ont changé. Les renforts apportés par des retraités et des étudiants de la faculté de médecine "n'a pas l'effet escompté, puisqu'ils ne peuvent pas faire le travail des infirmiers, aides soignants et agents d'entretien", selon un personnel de la maison.
A l'hôpital Jamot de Yaoundé, le directeur, Christophe Ayissi, n'a pas été saisi, selon ses déclarations. Dans les salles d'hospitalisation, ce week-end, un seul agent a été rencontré dans la salle d'observation à l'accueil, le samedi et le dimanche après-midi. Lequel ignore qu'un mot d'ordre a été ventilé. Et nous fait remarquer qu'il faut faire la distinction entre les temporaires Ppte et les autres, en général, les agents d'entretien et les quelques aides soignants qui existent dans la structure. Les malades quant à eux avouent être incapables de différencier les personnels vacataires des temporaires, dans la mesure où ils arborent tous les mêmes blouses blanches.
A l'hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique (Hgopy) et à l'Hôpital général de Yaoundé (Hgy), le personnel de service ce week-end était essentiellement constitué d'agents permanents. Selon quelques-uns approchés au laboratoire de l'Hgopy, le samedi en mi journée, "l'essentiel des personnels de l'hôpital sont des temporaires, qui sont appuyés par les fonctionnaires qui leur apportent la technique nécessaire". Ces sources indiquent qu'on est en plein week-end, comment savoir qu'un quelconque mouvement est en train d'être observé, il vaut mieux revenir le lundi. Les vigiles de l'Hgy ne sont informés de rien, aucune affiche n'a été apposée sur les murs ou ailleurs. Un agent du laboratoire, joint au téléphone, n'est pas au courant d'une telle initiative et attend de voir le lundi.
De ce qui se passe dans les hôpitaux publics régionaux, seule la région du Sud semble y avoir adhéré. Une aide soignante, Madeleine Nkoulou née Essomba a été remercié par le directeur de l'hôpital régional, Jean Fernand Ekobo. Motif, elle a, dès réception du message du président Balla, réuni ses collègues afin qu'ils puissent réfléchir sur la conduite à tenir. Ses collègues quant à eux sont menacés de licenciement par Jean Fernand Ekobo s'ils mettaient à exécution le conseil du président de leur syndicat.
Le secrétaire général du ministère de la Santé publique, Angwafo III, a visité l'Hcy le samedi en fin d'après-midi. Selon nos sources, une rencontre est organisée ce jour lundi 05 janvier pour tenter de désamorcer la bombe. Côté syndicat, aux dernières nouvelles, le mot d'ordre aurait été suspendu.
|
||
· © WEBCAMEROON.NET 2008 - Contact : webmaster@webcameroon.net - Tous droits reservés ·
|
||
