Yaoundé: Quand des Gic contournent la loi

Les affiches proposant du travail aux jeunes pullulent dans les rues de Yaoundé. Mais de nombreuses structures de formation concernées n'ont pas d'agrément.

29.08.08 Par Hugues Marcel Tchoua

Confiance en soi, goût du risque, sourire, ambition, voila quelques unes des notions enseignées aux adhérents du Groupement d'initiative commune (Gic) dénommé DS-Max Cameroun près du lycée bilingue d'Essos chaque matin. Dans une ambiance mêlée de chants de scouts, les élèves plus anciens procèdent par des exposés successifs ce mercredi, 9h.

Dans le bureau du directeur Aurelien Batchou Tamokwé, Christian, 18 ans, remplit la fiche d'inscription. Il cherche un emploi et croit l'avoir trouvé. S'il a été attiré dans cette structure par une élève de ce groupe, tel n'est pas le cas de tous. Bon nombre d'adhérents sont séduits par les affiches publicitaires qui abondent sur les poteaux électriques à Yaoundé et proposent des formations gratuites et des emplois aux jeunes.

Mais ceux-ci sont souvent désillusionnés, comme nous l'explique Bilogo Victorine, manager de DS-Max International, à Titi Garage : « Lorsque nous accueillons un jeune qui dit vouloir un emploi, nous lui disons qu'il doit d'abord recevoir une formation avant d'être recruté. Mais il y en a qui ne comprennent pas. C'est pourquoi, plusieurs commencent et abandonnent par la suite ». Elle ajoute : « Les jeunes peuvent toutefois gagner de l'argent chez nous tous les jours pendant leur formation ! En vendant les produits dans le cadre de la phase pratique de leur apprentissage, ils reçoivent une rémunération en fonction de la quantité de produits écoulée. Certains peuvent gagner jusqu'à 3000 Fcfa par jour.»

Cependant, tous les apprenants approchés disent gagner moins de 1000 Fcfa par jour. Leur garantie, toujours selon Victorine Bilogo, est l'emploi qui leur est offert à la fin de la formation. « Tous les diplômés sont automatiquement recrutés et mis à la tête de nouvelles structures comme celle-ci par ce que DS-Max est un système en pleine expansion au Cameroun. Nous autres responsables sommes aussi passés par là ».

La formation dans ces structures est personnelle et dure entre deux mois et trois ans selon la rapidité d'assimilation des leçons par les apprenants et par conséquent leur rendement sur le terrain.

Quelle que soit la discipline choisie, cinéma, musique, comptabilité ou marketing, ils doivent commencer par vendre les produits sur le terrain. Tous les soirs, une évaluation personnelle des tâches journalières est effectuée avec chaque élève. « Elle permet d'après Victorine Bilogo de savoir s'il progresse ou s'il régresse. Et certains sont même renvoyés quand on se rend compte qu'ils n'évoluent pas ».

Interrogé sur les gains de sa structure, Aurelien Batchou dit d'abord tirer satisfaction de sa contribution à la réduction du chômage, à la formation des jeunes et à leur insertion professionnelle. Puis, il révèle que les produits écoulés par les jeunes proviennent des entreprises liées à un groupe américain. A la question de la validité des diplômes obtenus dans leur établissement, Victorine Bilogo répond, le sourire aux lèvres : « Un diplômé de chez nous ne peut pas accepter de travailler ailleurs qu'ici.Seulement, Aurélien Batchou nous révèlera par la suite qu'ils fonctionnent sans agrément du ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle. Ce qui peut fort contrarier l'avenir des jeunes formés dans ces structures.




© WEBCAMEROON.NET 2008 - Contact : webmaster@webcameroon.net - Tous droits reservés  



VOTRE PUB ICI