GIC : Une campagne d'assainissement en vue
Au ministère de l'Agriculture et du Développement rural, tutelle des Gic, on annonce pour bientôt, la fin de cette récréation.
12.09.08 Par Hugues Marcel TCHOUA
Les Gic (Groupement d'initiative commune) désignent des rassemblements d'au moins cinq personnes exerçant dans un domaine donné. Au Cameroun, on en compte pas moins de 90 000. Leur fonctionnement est codifié par la loi N°92/006 du 14 août 1992 relative aux coopératives et aux Gic. Mais bon nombre d'entre eux ne s'y conforment pas. Francis Leku Azenaku qui nous fait cette révélation est directeur du Développement local et communautaire au ministère de l'Agriculture et du Développement rural (Minader). " Nous venons d'entamer une campagne d'assainissement du secteur des Gic. D'ici le mois de décembre, nous allons réaliser un annuaire des Gic, question de déceler les Gic passifs et les Gic clandestins. Car certains d'entre eux ne se soumettent pas à leur ministère de tutelle technique sensé leur délivrer l'agrément. Le Minader ne fait qu'attribuer le statut juridique aux Gic " ajoute-t-il.
Au ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle, la tendance est aussi à la lutte contre les Gic clandestins. " Nous avons constaté que plusieurs entreprises exercent sans agrément. Pour le moment, nous sommes encore dans une phase de sensibilisation des organisations sur la nécessité de se conformer. Nous accordons même des bourses aux jeunes dans les entreprises qui veulent bien se conformer. Mais bientôt, nous allons passer à la phase répressive. Parce qu'en temps normal, nous les suivons dans l'exercice de leurs activités, contrôlons les installations et assistons aux examens nationaux de fin de formation ", soutient Philipe Ngathe Kom, directeur de la formation et de l'orientation professionnelle au Minefop.
S'agissant des Gic qui proposent des formations gratuites, Ahmadou Issa, chef de la cellule de communication au Minefop signale : " Ces Gic dépendent du ministère des affaires sociales " Le délégué provincial pour le Centre du Minas de rétorquer : " Formation gratuite ou pas, c'est le Minefop qui s'en occupe. Ce sont eux les techniciens. Parce qu'on ne veut pas que les enfants aient l'impression d'être formés alors qu'il s'agit en fait d'une formation au rabais."
Autre grief relevé contre ces Gic, l'affichage à outrance qu'ils font dans les rues : Pierre Mouchili, ancien diplômé de publicité de l'Esstic et directeur commercial de Global communication affirme : "Ils font de l'affichage sauvage. La loi interdit d'afficher sur les édifices publics. De même, la présentation du message ne respecte pas l'éthique, il y a une mauvaise orientation du lecteur. En plus, ces affiches ne comportent pas d'autorisation du régisseur. En outre, les supports sont mal libellé. L'affichage sur les murs est proscrit par la loi et les poteaux font partie du patrimoine de Aes Sonel." En plus du flou juridique qui entoure ces formations gratuites, tout ceci a pour effet d'engendrer une pollution visuelle dans la ville.
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