Art-sculpture : Exposition d'un " pont de la compréhension " à la communauté urbaine de Yaoundé
Le camerounais Dieudonné Fokou et l'allemand Scorsch Ess exposent leurs créations artistiques depuis le 3 Mai 2008. Une co-exposition de sculptures qui révèlent bien de similitudes.
07.05.08 Par Suzy POLL GOUATER
C'est un total de 22 sculptures (11 pour le camerounais et 11 pour l'Allemand) qui sont présentées dans la salle d'exposition de la communauté urbaine de Yaoundé. Leurs prix varient de 150 000 Francs et 800 000 Francs. Basé sur de matériaux hétéroclites noyés partiellement ou entièrement dans du polyéthylène calciné, les sculptures de Dieudonné Fokou sont " évocatrices de rêves et d'évasions spirituelles " selon Jean Kouam Tawadje, l'un des encadreurs de l'artiste. Quand aux oeuvres de l'Allemand, elles sont faites de bois, de plâtre et de fer. Pour lui, " le monde invisible du sculpteur, ses pensées, sa philosophie se traduisent dans le monde visible de la sculpture, s'offrant au spectateur pour que celui-ci la réceptionne dans son propre imaginaire ". Cette exposition est également l'occasion pour les deux artistes de rendre hommage à leurs parents. En effet, se dressent au milieu de la vingtaine de sculptures, Die Mutter (la mère) de Schorss Ess et Fokou Oumbé Fodop, le " père " de Dieudonné Fokou. Si ces deux sculptures ne sont pas à vendre, elles sont simplement le témoignage d'un amour pour leurs parents que les deux artistes veulent exprimer.
Un croisement artistique et idéologique
C'est en Septembre 2007 que les deux sculpteurs se rencontrent. L'exposition que Dieudonné Fokou effectue alors au Centre Culturel Français donne l'occasion à son collègue sculpteur de nationalité allemande de constater une certaine originalité dans son œuvre. C'est à la fois une symbiose artistique et un contact facile qui se nouent entre eux. Il prennent ainsi la décision de réaliser cette co-exposition qui porte le nom : " le pont de la compréhension ".
Dans un élan d'humanisme, les deux artistes expriment à travers leurs œuvres, des idées similaires dans une spiritualité divergente. Hommage à Nelson Mandela (Adieu les chaînes) de Fokou se fond dans Hände Hoch (haut les mains) de Schorsch Ess pour traduire les souffrances de l'humanité brisées par la force intellectuelle de la légende de tout un continent. Deux autres œuvres The Global man de Ess et Une vague indication de la liberté traduisent selon les artistes, l'apogée de la mondialisation avec tous ses attributs. Bref, une influence réciproque traverse les différentes sculptures des deux artistes.
Leurs œuvres seront ainsi exposées jusqu'au 31 Mai prochain.
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