Autorité : Ama Tutu Muna " enterre " la CMC
En accordant un agrément à la SOCAM, la ministre assène le coup de grâce à l'équipe de SAM Mbèndè qui espérait encore une possible résurrection de la défunte société de gestion des droits d'auteur.
04.07.08 Par Adrien NENGWE
D'après un communiqué signé hier par la ministre de la culture et lu sur les ondes de la radio nationale (CRTV), un agrément est accordé à la société civile camerounaise de l'art de la musique (SOCAM). Le fait aurait pu être anodin, mais la lourde histoire et les circonstances turbulentes qui ont conduit à la naissance de la nouvelle société de gestion des affaires liées à l'art musical lui ont donné une toute autre dimension. En effet, la SOCAM remplace la Cameroon Music Corporation (CMC) à qui Ama Tutu Muna avait retiré l'agrément quelques jours après l'élection querellée ayant débouchée sur la reconduction de l'équipe de Sam Mbendè, le président du conseil d'administration sortant.
Après le retrait d'agrément, la SOCAM avait été crée pour remplacer la CMC. Une élection a été organisée le 7 Juin 2008 pour en désigner l'équipe dirigeante, l'équipe de Sam Mbendè avait été malicieusement exclue. Odile Ngaska, Elvis Kemayo, Mama Ohandja, Rachel Tchoungui et Roméo Dicka se sont donc affrontés dans une élection serrée qui a nécessité un second tour pour départager les candidats, aucun n'ayant obtenu la majorité des suffrages. C'est autour de 2h30 du matin le dimanche, 08 juin 2008, que le verdict des urnes est tombé : 149 voix pour Odile Ngaska contre 124 pour Roméo Dicka. Les autres candidats s'étaient rangés derrière la prêtresse que beaucoup soupçonnaient d'être la candidate du ministre. D'après Roméo Dicka qui s'est confié à la presse quelques jours plus tard, " on a organisé la victoire de Odile Ngaska".
Mais jusqu'ici la tournure des événements n'a pas fait fléchir l'équipe de Sam Mbendè. On a ainsi pu apercevoir les membres de son équipe se déployer chez les avocats et hommes de loi pour rattraper ce qu'ils considéraient comme une injustice. " Il y a de multiples vices dans la démarche du ministre de la Culture. Dans les prochains jours, nous allons solliciter l'arbitrage de la Chambre administrative. Il s'agit d'une affaire dans laquelle le ministre a pris un certain nombre d'actes que nous estimons complètement illégaux " déclarait Me Pierre Alexis Bayebec, avocat au barreau du Cameroun et membre du collège d'avocats constitué par l'équipe de Sam Mbendè pour attaquer la décision ministérielle en justice. Le 23 Mai, le collège est passé à l'action en déposant sur la table du ministre de la Culture, quatre des six recours gracieux préalables. Il s'agissait plus précisément des recours gracieux préalables aux fins d'annulation : de la décision du 15 mai, portant création du comité ad hoc chargé de gérer les affaires courantes de la Cameroon music corporation ; de la décision signée le 8 mai 2008 portant disqualification d'une candidature à l'élection au poste de Pca au conseil d'administration de la Cmc ; de la décision du 12 mai portant retrait de l'agrément à la Cmc ; du communiqué de presse du 12 mai 2008 portant invalidation des travaux de l'assemblée générale du 10 mai.
Au moment donc où l'affaire CMC-Ministère de la culuture est pendante en justice, la ministre vient d'accorder l'agrément à la SOCAM. Un message de défiance ? En tout cas, tout semble perdu pour l'équipe de Sam Mbendè si tant est qu'il n'est pas dans les moeurs judiciaires au Cameroun de mettre en cause l'Etat dans quelque affaire que ce soit.
|
||
