Les enfants soldats inaugurent le festival
Le 31 Mai, la 12ème édition a débuté par la traditionnelle montée des marches et surtout par le film EZRA. Une immersion au cœur de la question des enfants soldats dans les guerres en Afrique.
Par Suzy POLL GOUATER
C'est par le film EZRA du réalisateur nigérian Newton Aduaka qu'ont débuté les Ecrans Noirs. Un film sorti en 2007 qui a fait ses preuves avant le festival initié par Basseck Ba Kobhio. En effet, le 5 Mars 2007, EZRA recevait le prix de l'étalon d'or de Yennega au Fespaco. Le film a en tout cas suscité dans la salle beaucoup de curiosité. Ce d'autant plus que les faits de guerre ont largement inspiré la trame du film. Les violences perpétrés par, et sur les enfants dont d'aucuns sont enrôlés de force et drogués avant les combats donnent au film une actualité et une authenticité troublantes.
Pour Ezra, héros du film, les souvenirs sont douloureux et très lourds à porter. Malgré son jeune âge (16 ans), des meurtres, des scènes de pillage sont déjà inscrits dans son passif. Il doit en répondre devant un tribunal de réconciliation dans ce pays qu'est la Sierra Léone où, les autorités espèrent tirer un trait sur la guerre civile qui a déchiré le pays. Diabolique et manœuvrier, Rufus, le commandant rebelle fait croire à ses jeunes soldats qu'ils combattent pour une noble cause. Pourtant il s'enrichit en sous-traitant pour le compte de certains occidentaux qui ne sont eux-mêmes qu'intéressés par les richesses du pays. Quand Ezra, désintoxiqué, revient à la réalité et découvre que ses parents ont été massacrés par la bande des guérilleros dont il faisait pourtant partie, il va démissionner de la rébellion. Loin de retrouver le bonheur, il va perdre sa fiancée qui est enceinte de lui. S'enchaîne alors pour lui, un tourbillon de souvenirs poignants qu'il doit publiquement raconter.
Dans la salle, parmi les invités et cinéphiles, le commandant Rufus ou plutôt Emile Abessolo très ému : " Je m'intéresse de près à ce qui se passe en Afrique. Un problème comme celui des enfants soldats est très courant dans les pays en guerre". Pour le reste, le film est salué par un tonnerre d'applaudissements lorsque survient le générique de fin alors même que les regards, saisis d'admiration, sont encore braqués devant l'écran géant. Une posture qui pourrait justifier la rondelette somme de 200 millions de Francs Cfa qu'a coûté ce film tourné au Rwanda.
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