Crise financière : La BEAC prescrit la vigilance autour des banques

C'est l'une des recommandations de la dernière réunion du comité de politique monétaire de cette institution.

25.10.08 Par Brice R. Mbodiam

"Le Comité de politique monétaire s'est félicité des efforts concertés des Banques centrales, des institutions financières internationales et des pouvoirs publics pour juguler cette crise. A cet égard, ils ont noté que la stabilité financière et monétaire de la Cemac reste solide, mais que le ralentissement de l'économie mondiale et la baisse des prix des matières premières risquent d'affecter l'activité". Tels sont les termes du communiqué qui a sanctionné, mardi dernier au siège de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac) à Yaoundé, la réunion du comité de politique monétaire de cette institution financière sous-régionale, qui se prononçait ainsi sur les potentielles incidences dans la sous-région, de la crise financière qui secoue l'Europe et les Etats-Unis depuis quelques semaines.

Traduction : contrairement à une opinion très répandue, et soutenue par certains experts et autres responsables administratifs en charge des questions financières en Afrique centrale, l'impact de la crise financière internationale dans cette région ne saurait être nul. En effet, bien que la Beac se félicite de ce que le système bancaire sous-régional est "globalement robuste et liquide", ce qui lui permet d'avoir des réserves suffisantes pour résister à la bourrasque de la crise financière si jamais elle arrivait à franchir les portes de l'Europe, la Banque centrale, au terme de la réunion de mardi dernier à Yaoundé, conseille à ses Etats membres "une vigilance accrue dans le suivi du système bancaire de la Sous-région". Même si "les produits qui sont à l'origine de la crise financière qui secoue les Etats-Unis et l'Europe n'existent pas dans nos banques", ainsi que l'a déclaré le 7 octobre dernier à Yaoundé, le Tchadien Gata Ngoulou, président du comité ministériel de l'Union monétaire de l'Afrique centrale (Umac).

Au demeurant, si elle se satisfait de la "robustesse" et de la surliquidité des banques de son ressort de compétence, toutes choses qui peuvent tenir la région à distance de la crise financière internationale actuelle, la Beac manifeste tout de même quelques inquiétudes sur les conséquences que peut avoir ce phénomène sur l'activité économique dans la zone Cemac, notamment sur le prix des matières premières exportées vers les marchés européens et américains. Au Cameroun, par exemple, ces conséquences néfastes sont déjà observables dans la filière bois, 2ème produit d'exportation du pays (avec des revenus de 500 milliards de Fcfa en 2007, soit 6% du Pib du Cameroun) depuis quelques années, derrière l'or noir.

En effet, selon le Syndicat des exploitants forestiers du Cameroun, qui a tenu une réunion d'évaluation de l'impact de la crise financière internationale sur le secteur forestier camerounais le 17 octobre dernier à Yaoundé, 30% des commandes passées par les partenaires européens et américains ont été purement et simplement annulées du fait du ralentissement de l'activité économique et de la baisse de la consommation induits par la crise. Ce qui engendre des manque à gagner de "plusieurs centaines de millions de Fcfa", soutient un forestier dans une récente édition du Quotidien Le Messager. Bonne nouvelle cependant : à cause de ce "ralentissement de l'économie mondiale et du reflux des cours des principales matières premières exportées par la sous-région (…) les tensions inflationnistes pourraient s'atténuer", indique la Beac, qui, compte tenu de cet environnement international, a révisé le taux de croissance global dans la zone Cemac à 5% en cette année 2008.




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