Conférence-Débat : Des intellectuels camerounais débattent de l'œuvre d'Aimé Césaire.
Après les obsèques nationales du 20 Avril dernier en Martinique, des écrivains camerounais ont tablé sur le répertoire littéraire du " poète du siècle ".
12.05.08 Par Rachel O. MALONGO
C'est la salle du Kaba Ngondo qui a servi de cadre à cette autre édition du café littéraire. Une édition qui coïncidait avec le 160ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage. L'occasion était donc idoine pour ressusciter le combattant et ardent défenseur de la cause nègre que fut Aimé Césaire. Le thème de ce café littéraire était : " Aimé Césaire est mort, Vive Césaire Aimé ". Pour traiter de ce thème, le professeur Jean Emmanuel Pondi, secrétaire général de l'université de Yaoundé I, le professeur Marcien Towa et le cinéaste Basseck Bâ Kobhio réunis autour de Marcellin Vounda Etoa, le directeur des éditions CLE qui officiait en qualité de modérateur. Après le mot introductif de ce dernier, Marcien Towa a revisité l'itinéraire des œuvres littéraires d'Aimé Césaire depuis Cahier d'un retour au pays natal jusqu'à Et les chiens se taisaient, sa première pièce théâtrale en passant par son essai intitulé Discours sur le colonialisme. Le professeur Towa a également énuméré les néologismes qui jalonnent l'œuvre de Césaire et leurs significations. Jean Emmanuel Pondi a été le second orateur. Il s'est penché sur la personnalité et l'idéologie politiques du disparu. Quand à Basseck Bâ Kobhio, il s'est intéressé, dans une approche contrastée, d'évoquer les divergences entre le politique et l'intellectuel. Il a opposé la négritude telle que perçue par Senghor et " la négritude Césairienne ". Par la suite, il a procédé à une comparaison entre l'Afrique et les Antilles pour relever leurs différences et les insuffisances du combat de Césaire. Pour conclure son propos, il a tenu à situer la place et le rôle de l'intellectuel dans la société politique. Il a interpellé les uns et les autres à se sortir de la posture d'éternel assisté pour défendre leurs indépendances. Les débats se sont achevés par la phase de questions et réponses qui tournaient autour des différences entre Césaire et Senghor et leurs limites.
L'hommage à Aimé Césaire se poursuivra le 24 Mai prochain à l'espace Oyenga à Yaoundé dès 9 heures par une manifestation organisée par la communauté martiniquaise du Cameroun.
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