Yaoundé : Le centre de santé de Nkomo accueille les épileptiques

Quelques malades ont répondu à la campagne lancée lundi de dépistage et de consultation.

19.09.08 Par Leyla Kaïgama

Une dizaine de patients, assis devant un des bâtiments du centre médical de Nkomo, attendent d'être reçus par le médecin. Dans une atmosphère calme, ils sont impatients de savoir ce qui va leur être révélé après l'entretien. Marjorie Lissouk a quitté le quartier Biyem-Assi accompagnée de sa fille âgée de 22 ans, afin que celle-ci soit dépistée.
" Je voudrais avoir le cœur net avec tout ce que ma fille endure depuis. Elle a des crises récurrentes, se plaint toujours du mal de tête et ne supporte pas le soleil. " La fille en question, l'air fatigué, n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet. Mme Lissouk espère cependant trouver dans cette campagne une solution définitive à la douleur de sa fille et surtout un traitement moins coûteux par rapport aux tarifs de consultation dans les hôpitaux, vu sa situation précaire.

D'autres patients, dont la maladie a déjà été diagnostiquée, sont venus pour des consultations. C'est le cas de Mme Ava, qui souffre d'épilepsie depuis son enfance. Elle a déjà perdu ses deux enfants, étouffés sur leur couche pendant ses crises. Accompagnée de son mari, ils ont quitté le quartier Ekounou en espérant avoir de bonnes nouvelles. " J'ai dû m'absenter à mon lieu de service, explique Joseph Bernard Ava, pour accompagner mon épouse et nous comptons beaucoup sur cette campagne. J'espère qu'après cette consultation et le traitement qui suivra, elle pourra concevoir sans crainte".
La campagne de dépistage et de consultation gratuite de l'épilepsie, annoncée depuis lundi a débuté hier à 8h et doit s'étendre sur deux jours. En quatre heures, 29 participants ont été enregistrés sur les 200 personnes attendues. Jeunes et vieux sont confrontés à cette maladie. En effet, la tranche d'âge des patients varie entre 5 et 50 ans, sur la fiche d'enregistrement que tiennent des infirmières.
Il n'y a pas d'affluence, pas de bousculades. La plupart des patients s'étaient préparés cependant à passer une longue journée quitte à être reçus le lendemain. Je redoutais l'affluence réplique Mme Lissouk : " Je m'attendais à trouver beaucoup de malades étant donné que la consultation est gratuite, mais j'ai été étonnée et soulagée de ne pas trouver du monde ".

Les entrées et les sorties se succèdent dans la salle de consultation et on peut lire une certaine satisfaction sur les visages. M. Agbor est venu avec sa fille malade âgée de 11 ans pour une consultation. Le cas d'épilepsie avait déjà été diagnostiqué et il tenait à en avoir la confirmation. " Ma fille suit déjà un traitement pour épileptique, j'ai profité de cette campagne pour faire une seconde consultation, afin d'être fixé une bonne fois pour toutes. Je suis rassuré et plus calme. C'est un cas d'épilepsie, on aura qu'à bien suivre le traitement déjà entamé ".
Malgré la médiatisation faite sur les causes de l'épilepsie, les patients continuent de penser qu'il s'agit de la sorcellerie, car une fois sortis de la salle de consultation, les patients discutent : " il faut seulement prier Dieu ". Toutes les explications des médecins ne suffisent pas, ils trouvent toujours à l'épilepsie un côté mystique.




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