Carte postale : Akono, ville rivière
Tirant son nom d'un cours d'eau, la localité regorge anecdotes, curiosités, mythes et mystères
Par la rédaction
Situé à 60 km de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, Akono est un arrondissement du département de la Mefou et Akono dans la province du centre. Akono est érigé en arrondissement en 1964 et en commune rurale en 1974. L'arrondissement est subdivisé en quatre groupements (chefferies de deuxième degré) et la commune rurale comporte 36 villages (chefferies de troisième degré). Trois autorités coexistent: l'autorité administrative (sous-préfecture), l'autorité traditionnelle (chefferies), l'autorité locale (mairie).
Au début du vingtième siècle, les missionnaires catholiques s'implantent dans la localité et construisent de 1933 à 1937 une église ; magnifique monument de 70 mètres de long, 40 m de transept, 20 m de hauteur et de 20 m de largeur qui attire plusieurs touristes. Cette église est classée patrimoine de l'UNESCO. Le général Leclerc s'y serait caché pendant la seconde guerre mondiale.
La localité doit sa réputation au collège Stoll. Un complexe scolaire et religieux étendu sur 14 hectares de terrain. Ce collège a été fondé en 1963 par Monseigneur Jean ZOA et doit son nom au prêtre français Antoine STOLL, le fondateur de la mission catholique d'Akono.
Akono est une unité administrative dotée d'institutions étatiques relevant de son ressort : une sous-préfecture, une mairie, une brigade de gendarmerie, un commissariat de police spécial, un bureau de poste, un centre de santé médical et des délégations d'arrondissement.
Avec une population avoisinant les 13.OO0 habitants dont 5 à 10% d'allogènes, l'arrondissement d'Akono créé en 1974 est construit sur une superficie de 160 mètres carrés. Sur le plan de son organisation traditionnelle, Akono regroupe 4 cantons et 36 villages.
L'économie est basée sur l'agriculture et le petit commerce. L'agriculture est cependant l'activité principale. A coté de cet aspect agricole axé sur la cacaoculture, d'autres activités existent ou se mettent en place dans les domaines de la pêche, la chasse, le petit élevage, les cultures maraîchères, l'artisanat et le tourisme.
Sur le plan éducatif, Akono regorge à la fois des établissements publics et privés. En nombre, le secteur d'enseignement public est le plus important. Il existe un lycée d'enseignement général abritant le 1er et le 2nd cycle, un Collège d'Enseignement Technique Industriel et Commercial (Cetic), une école primaire et une école maternelle. Les écoles privées sont essentiellement l'œuvre de l'église catholique. L'on compte le collège Stoll dont la renommée est internationale et l'école primaire St Kisito. La mission catholique abritait autrefois un petit séminaire dans laquelle le chef de l'Etat camerounais Paul Biya a fait ses études. Ce petit séminaire a été délocalisé à Yaoundé. Il a été créé pour le remplacer, un noviciat qui assure la formation des prêtres camerounais et étrangers.
Akono, c'est aussi un secteur tertiaire constitué de petites échoppes, d'un marché rural et des boutiques. Le transport à l'intérieur de la localité s'effectue en moto. Deux opérateurs de téléphonie (Orange et Camtel) sont présents. Des démarches sont actuellement en cours pour l'implantation d'un troisième opérateur (MTN). Les infrastructures de transports reliant Akono aux autres villes sont pour l'instant dans un état d'enclavement. L'axe routier traversant Akono devrait être bientôt goudronné en raison de la réalisation du bitumage de la route Yaoundé-Kribi.
L'on ne saurait parler d'Akono sans évoquer sa coloration religieuse. La population est, en très grande majorité, catholique. Des chiffres non officiels parlent d'un taux de 90 % de catholiques. Malgré cela, la pratique de l'animisme est très répandue. Pour beaucoup, catholicisme et animisme se chevauchent. Il existe aussi dans la localité, plusieurs grottes autour desquelles circulent de multiples anecdotes émaillées de mysticisme et de métaphysique.
Akono est enfin réputé pour son calme légendaire. C'est ce qui a justifié son choix pour accueillir de temps en temps les équipes nationales de football du Cameroun. Elles y vont en effet pour des retraites sportives, en vue de préparer des rencontres et des compétitions internationales.
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