Décision : La CMC n'existe plus
C'est en substance la décision du ministre de la culture qui a publié hier un communiqué de presse pour dissoudre la société de gestion des droits d'auteur
13.05.08 Par Adrien NENGWE
C'est fait. On pouvait s'y attendre, Ama Tutu Muna, la ministre de la culture a finalement usé de son pouvoir tutélaire pour évincer Sam Mbendè le Président du conseil d'administration sortant de la CMC. Sa décision est même plus marquante. Elle a, par un communiqué de presse décidé de dissoudre la Cameroon Music Corporation (CMC). Ce qui signifie en clair que la société que dirigeait jusqu'ici Sam Mbendè n'a plus d'existence légale.
Déjà en, début d'après midi de ce Lundi 12 Mai, le ministère de la culture a déclaré " nul et de nul effet, la tenue de l'élection du conseil d'administration du 10 Mai 2008 ". Une élection qui avait vu la victoire de Sam Mbendè avec plus de 53 % des suffrages exprimés. Manifestement, cette décision n'a pas suffi à calmer l'ardeur des détracteurs de l'équipe sortante. Plus tard dans la soirée, la ministre a simplement décidé de retirer l'agrément de la CMC. D'après les termes du communiqué ministériel, la décision préalable d'invalidation de l'élection du Samedi 10 Mai est " la non communication du bilan et des comptes annuels pour l'exercice 2007 ", " l'assemblée générale élective qui n'a pas pu se tenir régulièrement en raison du non respect de la décision du 8 Mai 2008 déclarant irrecevable la candidature du Pca sortant " , " l'invasion intempestive de la salle par un groupuscule conduit par le président sortant ", " les menaces à l'endroit des membres de la commission permanente de médiation et de contrôle des organismes de gestion collective du droit d'auteur et des droits voisins et des représentants du ministère de la culture ".
Si le triste feuilleton d'une élection qui a vu s'opposer un groupe d'artistes menés par Sam Mbendè et un puissant réseau ouvertement soutenu par le ministère de la culture s'achève, les ennuis judiciaires pourraient bien se poursuivre pour le Pca sortant. En effet, le fameux problème de la non redistribution équitable de 100 millions de Francs Cfa versés par les Brasseries du Cameroun par le conseil d'administration sortant risque de le rattraper. Sam Mbendè et son équipe se sont jusqu'ici défendus de n'avoir perçus aucun centime. Les enquêtes permettront à coup sûr de révéler la vérité. Cependant, on ne peut cesser de s'interroger sur la démarche du ministère de tutelle qui a clairement pris parti dans cette bataille entre artistes pour expulser au forceps un gestionnaire, dont l'avancée en terme de gouvernance est quand même palpable. L'avenir permettra en tout cas de voir clair dans cette histoire.
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