CMC : La conférence-campagne de Sam Mbendè
A deux jours de la tenue de l'assemblée générale élective qui accouchera d'un nouveau conseil d'administration, le PCA sortant a organisé une conférence de presse aux allures de campagne électorale.
09.05.08 Par Mohamadou Houmfa
La fièvre électorale s'est emparée de la Cameroon Music Coorporation (CMC). La preuve en a été faite hier, à l'hôtel Jouvence où l'état major de Sam Mbendè, le Président du conseil d'administration sortant s'est réuni avec une batterie d'artistes pour donner une conférence de presse. Celle-ci survient après la conférence de Roméo Dika, l'un des postulants à la présidence du conseil d'administration et l'annonce de la candidature de l'Abbé Jean Marie Bodo.
Si les candidatures de Sam Mbendè, Roméo Dika, Mama Ohandja et Rachel Tchoungui sont enregistrées par le comité électoral, celle de l'Abbé Bodo souffre d'un malaise juridique certain. C'est en tout cas ce qu'on a pu constater à la lecture de l'article 11 du code électoral de la CMC qui stipule : " Les listes des électeurs sont affichés 7 jours avant l'élection ". Un texte lu pendant la conférence de presse par le PCA sortant et qui indique donc que la candidature du promoteur de Radio Reine - qui serait selon le quotidien Le Messager, la candidature du pouvoir - est problématique. Sans vouloir être polémique, Sam Mbendè a clairement fait ressortir l'invalidité du " candidat du pouvoir (le qualificatif est du quotidien Le Messager, Ndlr) ". " A ce jour, on ne connaît que quatre listes qui ont été enregistrées " a précisé le PCA sortant.
La conférence de presse a aussi été l'occasion pour l'équipe du PCA sortant de lancer quelques piques aux autre candidats. Ainsi, l'on a entendu Sam Mbendè déclarer : " Les gens n'arrivent pas à faire une liste de 19 personnes pour nous confronter démocratiquement…Quand on veut gérer une société comme la CMC, il faut être sérieux " a t-il lancé.
Arguments de campagne
Elu le 16 Avril 2005, Sam Mbendè dit avoir été choisi pour " restructurer " la société en charge de la gestion des droits d'auteurs. " Nous avons trouvé une maison sans manuel de procédure comptable, nous l'avons prise avec zéro franc dans les caisses et endettée de 350 millions. Nous pouvons nous féliciter de ce que depuis 2 ans, les artistes ont recommencé à toucher leurs droits d'auteurs " a fait savoir le président du conseil d'administration. Entre divers partenariats noués, formations dispensées, informatisation de la structure, paiement effectif des droits d'auteurs, nomination d'un directeur général, Sam Mbendè a puisé dans toutes les ressources positives dont on peut le créditer pour faire valoir le bien fondé de sa candidature. Pour ce qui est de la gestion financière, il s'est dédouané d'accusations formulées depuis quelques temps par la presse contre lui. " Je met au défi n'importe qui d'apporter les preuves que j'ai perçu ces 100 millions de Francs " a t-il déclaré. " Le PCA est le porte-voix des 19 membres du conseil d'administration…Je ne mouvemente aucun compte de la Cmc " a t-il ajouté.
Autre démonstration. Après avoir révélé que ses adversaires n'arrivent pas à " former une liste de 19 personnes ", le PCA a tenu à démonter l'union qui s'est bâtie autour de sa liste. " Il m'est souvent arrivé de me décourager, mais quand je vois Rachel Mimbo, quand je vois Toto Guillaume, Foli Dirane, Atango de Manadjama, Koppo (la liste s'est allongé d'au moins 20 noms, Ndlr) me soutenir, je me dis qu'il faut foncer. " Une déclaration suivie d'acclamations nourries et de youyous dans une ambiance de campagne électorale américaine où des tracts présentant le PCA sortant comme " notre Sarkozy culturel " ont été distribués. Reste que la bonne ambiance dans le camp de Sam Mbendè n'empêche pas l'adrénaline que de monter dans les différents états majors des candidats. Une chose est sûre, si en 2005, Sam Mbendè a remporté une victoire quasiment facile (Sa liste est restée seule en lice, Ndlr), il devra ferrailler pour conserver son poste.
L'élection du 10 Mai promet en tout cas d'être houleuse.
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