Yaoundé : Grogne dans les rangs du personnel du CHU
Ils contestent une décision supprimant une indemnité et réclament un paiement d'arriérés.
02.09.08 Par Jean NGABANA
Dans une correspondance signée le 5 août 2008, les personnels fonctionnaires (paramédicaux) du Centre Hospitalier et Universitaire (chu) ont saisi le ministre de la santé publique, pour l'informer " des nombreuses frustrations, abus et discriminations dont nous faisons l'objet quotidiennement dans l'exercice de notre fonction au CHU de Yaoundé ", indique la lettre.
Ils font savoir que le Directeur Général du CHU a décidé de suspendre " l'indemnité compensatrice de salaire " allouée aux personnels paramédicaux. Une décision qu'ils jugent " unilatérale et illégale ".
En effet, le 30 Juillet dernier, le Professeur Maurice Nkam décidait, " des suites des différentes mesures prises par le chef de l'Etat ", de supprimer l'indemnité compensatrice de salaire accordée par une délibération du conseil d'administration du 16 août 2000. Parmi les mesures du président de la République évoquées figurent les décrets fixant la valeur du point d'indice des fonctionnaires de l'Etat, portant statut particulier des fonctionnaires des corps de la Santé publique, fixant les modalités d'attribution et le montant des primes alloués aux fonctionnaires de la santé publique et les décrets portant revalorisation de la rémunération mensuelle de base des personnels civils et militaires et portant revalorisation du taux de l'indemnité de non logement servie à ces personnels. Les démarches du reporter du Jour pour avoir plus d'amples explications sur les raisons ayant motivé cette suppression de l'indemnité compensatrice de salaire n'ont pas abouti.
Du côté de ces personnels cependant, c'est à la contestation et à la colère. Un technicien, qui a requis l'anonymat, affirme : " Je trouve que le Directeur Général est inhumain et criminel en prenant cette décision. Vous savez que les conditions de vie actuelle sont difficiles. Le Président de la République veut que les citoyens vivent mieux, mais un autre se permet de décréter la mort des Camerounais. Je misère et grâce à ces indemnités qui s'ajoutent à mon maigre salaire, j'essaie de faire vivre ma famille. Un salaire qui est en deçà du travail que nous fournissons ici au CHU. Nous avons écrit au ministre et nous attendons, sans faire de bruit, sa réaction. Espérons qu'il nous comprendra et trouvera une solution définitive à notre situation, pour éviter les tensions inutiles ".
Les revendications adressées au ministre portent sur : le paiement des arriérés de cette indemnité sur la période de 1994 à 2000, le paiement de leurs arriérés titrés qui existent depuis 5 ans au service financier, alors que, rappellent-ils, les autres fonctionnaires de l'Etat ont perçu les leurs jusqu'en 2005, date de la dernière échéance.
Plus d'une semaine après avoir adressé ladite correspondance au ministre André Mama Fouda, ils attendant toujours la suite à donner par celui-ci.
Des sources proches de la Direction Générale du CHU révèlent que des tractations seraient en cours entre le minsanté et les responsables du CHU pour désamorcer cette crise latente dans l'institution.
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