Yaoundé : Quand la circulation devient un casse-tête
Avec les bouchons visibles en ville ces derniers jours, la ponctualité n'est pas garantie.
14.10.08 Par Adrien NENGWE
" L'heure est grave! Nous avons fait près de deux heures en taxi entre le carrefour Manguiers et Texaco Omnisports. Avec la rentrée, on va devoir marcher", s'émeut un jeune homme rencontré ce week-end à la brigade de gendarmerie de Ngousso. En face de ladite brigade, les faits parlent d'eux-mêmes. Au moins cinq rangées de voitures essaient de se frayer un chemin sur la chaussée qui s'est étendue jusqu'aux trottoirs. Les véhicules paraissent agglutinés et se frottent presque. Ils avancent d'environ un mètre chaque vingtaine de minutes. Un peu plus loin, au lieu dit Mobil Omnisports, les conducteurs sortent de leur véhicule et essaient de réguler la circulation comme ils peuvent. Ça fait plus d'une heure qu'ils n'ont pas avancé d'un pouce. Les routes parallèles dans les quartiers sont aussi envahies et bloquées. C'est finalement, vers 22 heures, que l'on assiste à un retour progressif à la normale. Depuis quelques jours, les bouchons ont repris de plus belle à Yaoundé. En cause, les chantiers bien sûr, mais aussi le retour des vacanciers. Et l'année scolaire qui a véritablement démarré ne fait qu'aggraver les choses.
En conséquence, les familles adoptent déjà des stratégies. Les parents conseillent aux enfants de sortir très tôt s'ils veulent arriver à l'heure à l'école. La jeune Nina, élève en 2e année au CETIC de Ngoa-Ekéllé révèle que pour ces mêmes raisons, elle devra fréquenter plutôt un établissement situé dans son quartier, à Essos.
Des changements s'observent aussi dans le comportement des transporteurs. Les prix souvent proposés pour de courtes destinations semblent avoir été arrondis au tarif normal. Les heures de pointe devenues très longues avec les embouteillages, les chauffeurs de taxi sont loin d'être gagnants dans cette situation. Les raccourcis souvent utilisés sont aussi bouchés. D'où le recours à la surcharge. Celle-ci est flagrante à Mokolo où la règle prévoit désormais que 9 personnes s'engouffrent dans un taxi de 5 places. Devant cette situation, les clients ne peuvent même pas se plaindre ce d'autant plus qu'avoir un taxi allant dans sa destination est déjà une gageure. On peut bien remarquer que parfois, les clients se bagarrent pour avoir une place dans le taxi.
Dans la foulée, certaines destinations sont de plus en plus " boycottées " par les conducteurs de taxi. C'est le cas d'Etoudi et de Cradat où, les taximens ne veulent plus vraiment se rendre à partir d'une certaine heure notamment à partir de 17 heures.
Pour les habitants de la capitale, se déplacer est devenu un véritable casse-tête.
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