La Bourse d'Afrique Centrale se met en valeur

Les responsables de l'institution mobilière ont donné une conférence publique vendredi, à Douala.

25.11.08 Par Adrien NENGWE

C'est une véritable opération de séduction. Une offensive publicitaire qui ne dit pas son nom. Pour le directeur général de la Bvmac (Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale), cette descente au Cameroun était indispensable. Au regard de la place qu'occupe ce pays dans la sous-région.
Et surtout son imbrication à la Bvmac. Willy Ontsia souligne d'entrée de jeu que, sur les quatre sociétés de bourses enregistrées à la bourse régionale, trois sont camerounaises. Même constatation au niveau des ressources humaines qui, d'après lui, sont diversifiées. Parlant de la démographie, c'est encore le Cameroun qui se taille la part du lion, avec plus de 17 millions d'habitants, sur les 33 millions que compte la région Afrique centrale.
Une adhésion du Cameroun et de ses investisseurs à la Bvmac constituerait un atout important pour cette bourse. Willy Ontsia en est très conscient. C'est pour cette raison qu'il a tenu à commencer sa prospection par le Cameroun. Concrètement, le patron de la " bourse de Libreville " a présenté un exposé sur le fonctionnement de la Bvmac. Intitulé " Les activités de la Bvmac ", cet exposé a apporté la lumière sur plusieurs questions liées aux acteurs du marché financier de la Cemac, les missions et services offerts par la Bvmac, le système d'information, les compartiments, produits négociables et les critères d'admission à la Bvmac, ainsi que le dispositif fiscal applicable.
Vulgarisation
C'est ce dernier point qui a le plus retenu l'attention du Dg de la Bvmac. Car, comme au Cameroun, la fiscalité est l'un des principaux freins de l'introduction en bourse à la Bvmac. "La fiscalité limite le développement du marché financier, parce qu'il n'y a pas d'incitation fiscale ", déplore-t-il, en reconnaissant que les Etats de la sous-région ont déjà adopté un texte garantissant les facilités fiscales. Celui-ci, apprend-on, devra entrer en vigueur au plus tard en mars 2009. Concernant spécifiquement la Bvmac, le dispositif fiscal prévoit un taux d'imposition à l'Is (impôt sur les sociétés) de 20%, au lieu de 35% pendant trois ans. Les autres avantages portent sur l'accroissement de la trésorerie disponible et une hausse mécanique des bénéfices.
  En dehors de l'exposé, Willy Ontsia a profité de cette première sortie pour annoncer l'ouverture des antennes nationales de la Bvmac dans chaque Etat de la Cemac. Celle du Cameroun sera basée à Douala, et doit être opérationnelle d'ici mars 2009 au plus tard. Par ailleurs, le Dg de la bourse régionale a invité les opérateurs économiques et l'Etat à participer à la deuxième opération d'ouverture du capital qui sera lancée sous peu et fixée à quatre milliards de F Cfa.




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