Abandon d'enfants : Environ 7 nourrissons délaissés chaque année à Ngaoundéré
Il s'agit des cas généralement recensés par la délégation provinciale du Minsitère des Affaires Sociales pour l'Adamoua
09.10.08 Par Mathurin PETSOKO à Ngaoundéré
Le phénomène d'abandon d'enfants prend des proportions inquiétantes dans la ville de Ngaoundéré. Selon des sources proches de la délégation provinciale du ministère des affaires sociales pour l'Adamaoua, on dénombre entre Janvier et Décembre de chaque année plusieurs cas d'enfants retrouvés et conduits dans ce service. Et Dieu seul sait combien de cas passent inaperçus. Au courant de l'année 2006 par exemple, 7 enfants ont été retrouvés et remis au foyer de la charité tenu par les sœurs de la mission catholique. Sur les 7 enfants en question, 5 ont à ce jour été placés dans des familles d'accueil, un autre remis à ses géniteurs découverts après des enquêtes et le dernier est en attente de restitution à sa famille. Selon les déclarations de sa génitrice qui résiderait à Garoua, son enfant lui aurait été enlevé par des inconnus. En toute vraisemblance donc, son enfant lui aurait donc été volé mais en attendant que la justice se prononce pour ou contre cette restitution, les enquêtes se poursuivent.
Ce phénomène connaît une certaine recrudescence en période de rentrée scolaire car les auteurs de ces actes criminels sont en majorité des jeunes filles qui, par crainte de railleries et des frustrations attachées à la condition de filles mères, préfèrent se débarrasser du fruit de leurs entrailles lorsqu'elles parviennent à dissimuler la grossesse tout au long de l'année scolaire précédente. Cette année encore comme par le passé, la tradition a une fois de plus été respectée. Une jeune fille après avoir accouché dans des conditions normales s'est rendu au petit marché de Ngaoundéré où elle a confié son ''fardeau'' à une femme ''bayam sellam'', juste le temps de faire quelques achats. La raison était ainsi toute trouvée pour qu'elle prenne la poudre d'escampette.
Les raisons de ces actes ignobles sont à rechercher dans l'analphabétisme et les us et coutumes de la région où avoir un enfant avant le mariage apparaît comme un sacrilège, et un déshonneur pour la famille toute entière. D'autres le font tout simplement à cause de la précarité des conditions de vie. Etant dans l'impossibilité de subvenir à ses besoins et à ceux du nouveau-né, elle préfère l'abandonner entre les mains d'un inconnu. Il est plus que temps de conscientiser ces jeunes filles qui doivent comprendre que l'enfant est un don de Dieu, un innocent qui n'a pas demandé à naître. Pourquoi ne pas utiliser l'une des multiples mesures de contraception qui existent ? À défaut, elles doivent être plus responsables et accepter les conséquences de leurs aventures amoureuses.
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